Après la balade très urbaine de la veille, on a décidé de louer une voiture pour nous amener visiter les "marchés flottants", à 100km de Bangkok.
Le trajet est intéressant puisqu'il nous permet de voir la vraie Thaïlande : très motorisée, et quelques rizières après plus de 50km d'espaces urbains ininterrompus, plus des toits impressionnants de temples thaï.
On aboutit finalement dans un petit espace avec parking, perdu entre les arbres, et soudain, sans trop savoir comment, nous voilà attablés devant deux noix de coco (un peu réticents, on n'avait pas soif, mais bon, on nous a forcés et c'était compris dans le prix de la barque ...) :
Dans la-dite barque qui va nous amener, par les canaux, aux marché flottant :
La nature autour : beaucoup de cocotiers, un sol très noir, et surtout
énormément de déchets partout alors que pourtant c'est un endroit très
touristique ; qu'est-ce que ce doit être ailleurs !
L'un des canaux (il y en a de plus sauvages) :
La grande plaine centrale de Thaïlande est parcourue de myriades de cours d'eau, de rivières, de fleuves et de canaux qui relient le tout ; a priori, il y a longtemps, le bateau y était le moyen de transport le plus fréquent, notamment pratique j'imagine lors de la saison des pluies et des inondations.
D'ailleurs, pour parer aux inondations, la plupart des habitations sont sur pilotis :
Puis on arrive à un endroit des canaux où des boutiques donnent sur la voie d'eau ; par contre, cela n'a rien de local, les seules marchandises sont un magnifique exemple de bibelots pour touristes :
Les moteurs des embarcations sont assez impressionnants, et font un boucan certain, notamment lorsque les conducteurs vont à fond (pourtant, par définition on est touristes donc en vacances ou en week-end, donc pas de besoin de mettre le turbo) ; on est très loin d'une balade romantique ... :)
Puis, au détour d'un croisement (de canaux), nous voilà au coeur du marché flottant, où le traffic a son lot de bouchons, d'odeurs d’essence, de bruits de moteurs :
Evidemment, c'est la grosse déception : les seuls bateaux sont ceux de touristes, avec de temps à autres un vendeur local de bibelots ou de snacks et boissons (pas forcément très thaïlandais ; le coca est bien représenté) qui pointe son nez.
Pour les belles cartes postales qui donnent envie de venir faire un tour ici, ils ont dû regrouper tout le village et leur demander de sortir leur barque et de poser ! D'un autre côté, la planète est devenue globale, et il faut bien garder en tête que les endroits "authentiques", c'est à dire où le touriste est perdu au milieu des locaux, se font de plus en plus rares.
Moi qui imaginais un monde où les barques en bois s'entrechoqueraient et
qui avanceraient au rythme lent que le monde moderne nous fait oublier,
en réalité les bateaux de rentrent allégrement les uns dans les autres,
les moteurs crachouillent, l'odeur d'essence surmonte toutes les
potentielles odeurs de nourriture locale, et on a plutôt l'impression
d'être dans un hors-bord en plein course poursuite ...
Puis on repart, et soudain les canaux étroits laissent place à un canal bien plus vaste :
Cette partie a été très intéressante car elle nous a permis de découvrir à quoi ressemble un vrai village dont la vie était autrefois centrée vers l'eau.
Une villa traditionnelle, ressemblant énormément à ce qu'on a vu la veille dans la maison de Jim Thompson (mais là c'est mieux car c'est en vrai) :
Aujourd'hui, des trottoirs étroits (visibles sur la photo ci-dessus) qui longent les canaux permettent aux habitants de se
déplacer à pied, à vélo et en motos dans le village (mais plus trop en
barques).
D'ailleurs, le centre du marché flottant est
parfaitement accessible de la route : la balade en barques dans les
canaux reculés c'est pour le fun, pas par nécessité :)
Une fois cette attraction un peu trop touristique terminée, on atterrit dans un endroit dans la banlieue de Bangkok recommandé par des collègues : une ferme de crocodiles et pour éléphants. Le proprio doit avoir quelques hobbies, car il y a aussi un espace avec quelques singes, et une serre pour orchidées. Trouvez le point commun !
Ah oui, il y a également deux tigres léthargiques pour que les visiteurs (très majoritairement thaï) puissent se faire photographier derrière eux :
En pratique ils font vraiment pitiés, obligés de rester allongés toute la journée, avec la patte attachée, et très vraisemblablement bourrés de calmants ou de soporifiques (sécurité des candidats à la photographie oblige).
On assiste au spectacle des éléphants, qui après les trucs usuels de tirs au but, se transforment en du bien plus sérieux : la réplique d'une attaque militaire ! :
Les attaquants doivent prendre les murailles (au fond à droite sur la photo ci-dessous), et les défenseurs les défendre, le tout dans des couleurs très chattoyantes :
Ils vont jusqu'à tirer des coups de canons et faire exploser des
explosifs qui nous font sursauter et rigoler (à mon avis ce spectacle ne passerait
pas les critères de sécurité occidentaux, c'est ça qui est marrant pour
nous d'ailleurs, plus que l'attaque des éléphants, peu impressionnante) !
Une fois ce spectacle terminé, place aux crocos !
Les crocos doivent aussi être un peu endormis (avec médocs), car les deux animateurs les tirent par la queue sans vergogne (d'ailleurs, c'est à peu près tout l'étendue du show - non j'exagère, il y a aussi le fait de placer leur main dans la gueule ouverte du crocodile, qui la referme d'un claquement étourdissant juste après qu'il l'ait retirée - ça c'est impressionnant), à part un qui a fait son rebelle et qui ne voulait pas laisser le monsieur le trimballer par la queue ; d'ailleurs le monsieur l'a ensuite laissé tranquille.
Il y a tellement de crocos que bien qu'ils ne bougent que 1% du temps (approximation au doigt mouillé), on en voit pleins bouger, et on a même droit à la primeur de l'un de ces lézards géants sortant (pas très dynamiquement) de la mare :
Puis c'est séance craquage, ou plutôt séance "à l'asiatique" de photos de mode !
En effet, les hommes asiatiques prennent très souvent des photos de leur compagne dans des poses pas du tout naturelles, parfois romantiques, parfois sexy, parfois genre blasée, etc., et là on s'est dit que c'était le moment pour nous aussi, après 4 ans en Asie, de sauter le grand pas :)
Petit aperçu de nos oeuvres (il y en a plein de ratées vu qu'en général je me marrais, ce qui n'allait pas du tout avec le sérieux de la situation) :
Pour faire bonne mesure, en voici quelques unes (pas "mode" par contre) d'Aurélien :
Après cet intermède et notre retour à Bangkok centre, on décide d'aller faire un tour à ce qui est décrit par tout le monde comme "la mecque des marchés" : le marché de week-end de Chatuchak.
Après un trajet en métro très frais (Bangkok n'échappe pas à la mode asiatique et américaine de l'air conditionné à outrance), nous y voilà, et effectivement ça vaut le détour !
C'est très difficile à rendre compte en photos, mais c'est un endroit immense, une suite de stands vendant des choses très diverses, des dédales d'échoppes, avec une foule dense, et les ever-present stands de nourriture, boui-boui et autres marchands de fruits ou de jus.
C'est piéton donc à l'abri du traffic infernal de Bangkok, et l'ambiance est super sympa,même si on n'est pas du tout venu pour y faire des emplettes ou acheter des faux de grandes marques !
On reprend le métro pour aller à l'autre extrémité de la ligne, dans le quartier de Silom, où se trouvent les bureaux de beaucoup de grands groupes internationaux, avec de grandes avenues, de grands building, mais le tout assez formel :
Les taxis roses (c'est leur couleur, rien à voir avec une quelque signification que ce soit), tous ont l'air un peu tunés, et l'entrée d'un grand hôtel, avec la photo du roi :
Les photos/affiches/panneaux des membres de la famille royale sont vraiment omniprésents : les hotels, les restos, les sorties d'autoroute, dans les bureaux de l'entreprise, sur les ponts, etc. etc.
A quelques minutes à pied, dans les rues transversales, on se croit soudain au Japon (peut-être dû au fait que nombre des grands buildings dans les rues adjacentes sont de grands groupes japonais, très présents en Thaïlande - ils ont d'ailleurs beaucoup souffert en 2011 entre le séisme et tsunami au Japon et les inondations massives à l'automne en Thaïlande) :
Et encore plus loin, c'est le quartier chaud de Patpong, surtout centré sur les bars à hôtesses (et plus), sur les shows de tennis de table (les joueuses sont nues et je vous laisse imaginer ce qui sert de raquette - en revanche ce sont de vraies tables et balles de ping-pong ; je précise que je tiens ces informations d'un collègue qui pensait vraiment aller assister à un match de ping-pong et qui n'a pas été peu surpris quand le match a commencé), un marché de faux sacs/montres/lunettes/et-tutti-quanti de marque (situé en plein milieux des bars chauds), et la très fameuse rue des "Lady's Boys" où les hommes remplacent les femmes en devanture des bars (ils sont tout aussi peu habillés, mais je dois dire que cela fait du bien de voir un semblant d'égalité - il y en a marre que ce ne soient que les femmes qui vendent leur corps !), dont voici l'entrée :
C'est néanmoins très sagement qu'on est retournés dîner à Sukhumvit dans un resto thaï qui s'est avéré excellent, puis se coucher épuisés par notre longue journée à parcourir les quatre coins de la métropole et même ses coins ruraux !
Quant au lendemain, grasse mat', et visite d'à peu près toutes les toilettes de l'aéroport sur notre chemin pour Aurélien dont l'estomac n'a visiblement pas digéré l'un des mets, pourtant succulents, de la cuisine thaï, et a tenté de le renvoyer au dehors par là où il était venu. Il n'est d'ailleurs a priori pas le seul, les estomacs fragiles ne ressortent pas indemnes d'un séjour culinaire thaï - je constate d'ailleurs que mon estomac est bien plus résistant que celui d'Aurélien ^^ !
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