Attention warning : il va y avoir pleins de photos qui se ressembleront toutes ! Promis, les articles suivants seront plus mesurés, mais là c'est le début alors on s'est lâchés niveau clichés :)
A Hong-Kong, contrairement aux idées reçues voulant qu'il n'y ait pas d'impôts et donc pas de protection sociale, le système de santé public est excellent (l'un des tous meilleurs du monde) et très abordable (10 euros par jour d'hospitalisation par exemple).
Il n'y a effectivement pas d'assurance santé universelle (avec équivalent carte vitale qui paie pour un certain forfait pour chaque type d'acte), donc le remboursement est nul pour le système privé, mais en revanche tout résident légal de Hong-Kong (dont nous faisant partie) a le droit au forfait subventionné dans le système public.
Le système privé est en général plus sophistiqué, avec possibilité de rendez-vous donc de très peu d'attente, mais très cher : environ 80 euros pour une consultation de médecin généraliste, 120 euros pour un détartrage et nettoyage des dents, ... et je vous passe les prix en hospitaliers, qui pour des français sont juste totalement stratosphériques ! Quant on va consulter dans le privé, on n'a aucun remboursement venant du système "national", donc c'est soit de sa poche soit on a une assurance privée qui prend tout ou partie en charge (souvent tout jusqu'à un certain seuil par consultation, ou/et jusqu'à atteindre un seuil annuel en termes de montant total engagé et/ou en termes de nombres de consultations).
Le système public a moins recourt aux nouveautés technologiques (sauf dans les cas où c'est nécessaire), le temps d'attente est beaucoup plus long car il n'y a pas de rendez-vous nominatif mais des plages d'horaires (e.g. 20 personnes ont leur rendez-vous a 9h, puis 20 autres a 10h, etc.), c'est un système donc on ne voit jamais le même docteur, la même infirmière, etc. (on a le docteur et l'infirmière qui sont prêts à nous voir au moment où c'est notre tour, et ils consultent notre dossier qui est disponible dans tout ce système public), et tout est morcelé donc il y a un rendez-vous avec le docteur, un autre pour faire une radio, un autre pour faire une prise de sang, puis un autre avec le docteur pour voir les résultats, donc au final ça peut être chronophage. Mais le coût est incomparable avec le système privé, et les résultats en termes de santé excellents (aussi bon sinon meilleurs dans certains hôpitaux que dans le système privé).
Pour ma grossesse c'est donc posée la question d'où j'accoucherais. Tous nos collègues expatriés ont choisi le système privé. Mais après m'être renseignée, accoucher en privé me faisait peur car ni Aurélien ni moi n'avons d'assurance santé qui prendrait en charge le coût faramineux en cas de complications liées à l'accouchement, et nous n'avions aucune envie de risquer plusieurs dizaines de milliers d'euros de notre poche (le forfait de base en privé à HK est de 10 000 euros pour un accouchement avec hospitalisation de 3 jours où tout se passe nickel, et en cas de complications cela monte très très vite ; une de mes collègues et amies a atteint les 30 000 euros suite à des complications relativement mineures). De plus, il s'avère que l'hôpital public auquel je suis rattachée de par notre adresse, le Queen Mary Hospital, est le meilleur de Hong-Kong et est notamment meilleur (au niveau santé, pas au niveau service), que les hôpitaux privés. Pourquoi payer énormément pour 3 jours et pour des résultats en terme de santé pas meilleurs que le Queen Mary ? C'est décidé : ce sera le public pour moi.
En revanche, en termes de suivi de grossesse, le privé est bien plus pratique : à 5 minutes à pied de mon bureau, moins d'attente (quoique à 180 euros la consultation je trouve qu'ils devraient s'améliorer considérablement car 30 minutes d'attente pour 20 minutes de temps avec le gynéco, c'est encore abusé), échographie à chaque fois (pour voir le bébé !), et mon assurance santé via mon entreprise couvre intégralement le coût.
Par contre, pour avoir droit d'accoucher dans le système public, il faut que j'aie fait au moins une partie du suivi de grossesse dans le public (pour être enregistrée dans le système et avoir fait tous les points d'étape requis dans leur système). Du coup, à partir de mon troisième mois de grossesse je vais une fois sur deux dans le privé, et une fois sur deux dans le public (qui pour le coup me prend beaucoup de temps, entre 2h30 et 3h30 à chaque fois, entre le transport, la longue attente, et la succession de personnel différent à voir : infirmière, sage-femme, et médecin).
Au final, on ne regrette pas notre choix pour l'accouchement en tant que tel car on a le sentiment d'avoir été très bien pris en charge et tout s'est très bien passé.
Par contre, pour les 3 jours à la maternité, là le système public est assez horrible : il n'y a que 3 heures de visite par jour ! et ça inclut le papa ! Du coup, Aurélien ne pouvait venir que de 12h à 13h et de 18h à 20h ... pour moi nouvelle maman avec un tout nouveau bébé, j'aurais voulu qu'Aurélien soit là en permanence ou presque : on l'a fait à deux ce bébé, et se retrouver sans son conjoint dans ces nouveaux moments, c'est vraiment pas ce que je voulais ...
Bon, in fine on a eu plutôt de la chance, car certes le samedi Aurélien n'a pu venir que 3 heures, mais comme mon accouchement s'est très bien passé (notamment pas de déchirure ni épisiotomie ni cicatrice) et que j'ai bien récupéré, l'hôpital m'a laissé sortir dès le dimanche midi, et donc Aurélien n'a eu à tourner comme un lion en cage dans notre appartement qu'un seul jour :) De mon côté j'étais ravie d'être de retour chez moi : avec Aurélien, notre salle de bains, mes habits, notre nourriture (celle de l'hôpital était correcte notamment grâce au congee le matin et au riz le midi et le soir, par contre je n'ai pas touché aux accompagnements qui étaient bien trop "cantine chinoise" pour moi ; surprenamment le tout était en quantités incroyablement petites ; heureusement qu'Aurélien m'avait apporté des denrées supplémentaires !).
Et ce bien que les sage-femme de la maternité aient été très serviables et m'aient appris diverses choses comme emmailloter le bébé, lui faire faire son rot, lui changer la couche, s'occuper du cordon ombilical (en revanche sur l'allaitement c'est moins clair).
Après ces longs discours, passons aux photos !
D'abord quelque chose que je trouve intéressant : la facture de ma grossesse dans le système public hong-kongais : 25 euros pour les 9 mois de visites de contrôle (1 par 6 semaines jusqu'à 28 semaines, puis 1 par deux semaines jusqu'à 36 semaines, puis 1 par semaine), l'accouchement et le séjour (de 1.5 jour) à l'hôpital. Mais le point intéressant c'est qu'en bas de la facture est indiquée le coût réel estimé de l'accouchement et du séjour à l'hôpital : 800 euros ! Etant résidente hong-kongaise je n'ai à payer que les 25 euros. La différence est la subvention publique, financée via les impôts (d'où le fait que les non-résidents, qui ne paient pas d'impôts, ne bénéficient pas du coût subventionné).
A noter qu'une non-résidente accouchant à Hong-Kong devrait en revanche payer beaucoup plus que 800 euros : entre 4 000 et 5 000 euros (sans césarienne) aux tarifs actuels (ce qui reste bien moins cher qu'en privé).
Photo dans la maternité ; mon lit était celui à gauche à la fenêtre (chance ! j'avais la vue sur la mer au lieu d'être cernée par les rideaux) :
Dans chaque couloir il y environ 10 personnes, et il y a 3 couloirs de la sorte, qui tous donnent sur l'espace commun où sont les sage-femme, les toilettes et douches, la nursery et les autres salles à l'usage du personnel ; autant dire que cela fait beaucoup de monde et que c'est relativement bruyant, avec peu d'intimité.
C'est sur ces aspects de service que se différencient les hôpitaux privés, qu'il faut voir comme des sortes d'hôtel 5 étoiles avec des services médicaux où chaque patient peut amener son médecin, sa sage-femme, où les repas sont très bons, etc, et où surtout le mari peut rester 24h sur 24 (mais pas de lit pour lui : c'est sur un fauteuil qu'il peut passer la nuit !).
Comme Aurélien n'avait droit qu'à 3 heures de visite dans la journée, autant dire que notre petite n'a quasiment pas quitté ses bras pendant ce temps, ce qui me permettait à moi de souffler, et de manger (je l'ai quand même tenue dans mes bras pendant les visites, histoire de faire quelques photos souvenir !).
Photos du samedi midi :
Et photos du samedi soir :
genial pense le nouveau papy
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