2013-10-09
2013-09 : En route pour de nouvelles expériences
Avoir des enfants est l'une des choses les plus naturelles au monde (sinon l'humanité n'en serait pas là où elle en est), mais en même temps la nature est devenue une chose un peu éloignée pour notre génération et notamment Aurélien et moi qui vivons dans des mégalopoles de millions voire dizaines de millions d'habitants, qui travaillons dans des bureaux sur des ordinateurs, jonglant avec les statistiques, créant des programmes informatiques gérants des millions de données puis analysant les résultats, qui le soir rentrons et nous divertissons via internet (et les livres), mangeons au restaurant des aliments qui n'existent pas dans nos contrées d'origine, parlons au quotidien une langue qui n'est pas la notre maternelle, etc.
Du coup, avoir un enfant c'est assez étonnant car tout le processus nous ramène à des choses qui se font naturellement, sans avoir besoin d'intellectualiser : le bébé s'est développé dans mon ventre sans que je n'aie besoin de créer les plans pour savoir où mettre les mains, sans que j'aie besoin d'écrire un code pour faire fonctionner les reins, et ainsi de suite !
Et de même pour l'accouchement : tout se passe au jour et à l'heure où ça se passe et de la façon dont ça se déroule, pas vraiment moyen de planifier ... chose étrange dans notre monde minuté.
Après cette intro, place aux photos, qui, avis au public, seront nombreuses !
(enfin, surtout dans les posts suivants)
Dernières photos de grossesse :
Là je suis à terme voire terme dépassé. Du coup on est en mode "essayage de tous les remèdes de grand-mère pour que l'accouchement arrive" : ananas, thé au clou de girofle et au gingembre, tisane de feuilles de framboisier, marcher beaucoup, et j'en passe !
Rien ne semble marcher, les jours défilent, du coup je passe aux massages du pied, puis à l'acuponcture. Question de bon timing naturel, ou réelle efficacité ? Mes deux séances d'acuponcture précèdent en tous cas de quelques heures la perte du bouchon muqueux pour la première, et l'accouchement pour la seconde.
Ce qui est sûr c'est que c'est un grand soulagement, car trois jours plus tard était la date prévue pour le déclenchement médical, chose que je voulais éviter si possible car l'accouchement est en général alors plus long et moins facile avec plus de risques de devoir recourir à divers procédés médicaux qui ne me disaient pas vraiment (piqûres de diverses substances, péridurale, forceps ou ventouse, césarienne).
Toujours est-il que ce vendredi matin 27 septembre vers 10h15 je téléphone à Aurélien à son travail de revenir à l'appartement pour ensuite aller ensemble à l'hôpital, car j'ai des contractions rapprochées de presque 5 minutes et bien que je n'aie pas perdu les eaux version "film" i.e. version chutes du niagara, un filet persistant est apparu.
On arrive vers 11h30-12h00 au département d'obstétrique où des sage-femme me posent des questions et remplissent mon dossier d'admission. Ensuite, on me donne l'ensemble/pyjama rose, ainsi qu'un lit dans ce département où mon avancement sera suivi pour savoir quand m'envoyer en salle d'accouchement.
Mes contractions s'amplifient et se rapprochent, environ toutes les 3-5 minutes, et je suis envoyée vers 14h en salle d'accouchement (en fauteuil roulant), avec cette fois-ci le pyjama/chemise de nuit de couleur violette. On me pose un monitoring permanent (coeur du bébé, coeur et pouls de la maman, durée, espacement et intensité des contractions), et on me donne dans la main à masque dans lequel je peux respirer un gaz hilarant, l'entonox, à chaque contraction, pour soulager un peu la douleur.
Aurélien et moi sommes seuls dans la chambre (contrairement au département d'obstétrique qui est un grand open-space où les lits sont tous dans la même pièce, seulement séparés par des rideaux), mais régulièrement une sage-femme vient regarder les monitoring et que tout se passe bien.
A 16h15, deuxième inspection du col, et résultat : 3cm. Là j'ai un passage de désespoir : quoi, seulement 3cm après 4 heures de contractions très douloureuses ?!?
Je vais jamais tenir sans autre anti-douleur si ça doit encore continuer 8 heures (par interpolation linéaire jusqu'à 10cm) ! surtout que le gaz ne m'aide pas du tout voire même m'ennuie carrément.
Je demande alors la péridurale, mais lorsqu'on voit les possibles effets secondaires ça fait quand même réfléchir ... j'abandonne cette option pour l'instant. La sage-femme propose alors de me mettre des électrodes dans le bas du dos, qui atténueront la douleur à cet endroit ; ok, tentons ça. L'efficacité n'est pas ouf, mais ça soulage un peu et en plus ce n'est pas du tout gênant.
Par contre, je vire le masque à gaz qui ne m'a absolument pas convaincue : le soulagement de la douleur était inférieur à l'inconfort de respirer dans un truc de plastique et de devoir réfléchir à le porter à la bouche en début de contraction et l'enlever après. Et je dois dire que je me sens mieux (tout est relatif) après l'avoir viré !
Les heures passent ; le check suivant du col du périnée est prévu à 20h15 ; ça me fait au moins une cible intermédiaire lorsque mon regard se pose sur l'horloge.
Mais vers 19h10, la sage-femme constate je ne sais pas trop quoi sur les monitoring de mes contractions, et appelle la docteur gynéco, et victoire : les 10cm ont été atteints en un temps record (pour une première grossesse) !
Du coup, passage au mode "poussée" pour l'expulsion du bébé, le passage qui me faisait flipper d'avance quand j'y pensais, mais en réel c'est bien moins pire que ce que j'imaginais, notamment car c'est au final assez bref (par rapport aux longues, très longues heures de contractions, qui elles en revanchent étaient mille fois plus douloureuses que ce que j'anticipais) : à 19h26 le bébé est là !
Et en termes d'accouchement, il s'est au final très bien passé pour moi : 10 heures de contractions, dont 7 heures de difficiles à supporter, et seulement 3 heures de "travail" (entre les 3cm et les 10cm ; faudra qu'on m'explique qui un jour a considéré que le travail n'était que cette partie-là, car pour moi le plus dur a été les 4 heures entre midi et 16h), et 11 minutes d'expulsion, le tout sans péridurale et sans déchirure ni épisiotomie ni forceps ni ventouse.
Après 41 semaines complètes de grossesse, voici donc le résultat, le 27 septembre à 19h26 (heure de Hong-Kong) : un petit bébé tout fripé, promptement recouvert d'une couverture et d'un bonnet de l'hôpital pour ne pas qu'il ait froid (après 9 mois à 37° constamment), et qui passe les tests d'Apgar (9/10 à 1 minute, et 10/10 à 5 minutes après la naissance), et qui reçoit son premier vaccin, le tout sous les yeux attentifs et émus d'Aurélien.
Il est ensuite mis en peau à peau avec moi pendant environ 45 minutes, l'occasion de voir qu'elle sait déjà un peu ramper, avec en intérêt premier le sein (l'intention y est très clairement, ce qui est incroyable à nos yeux car témoignant d'un instinct inné, mais la réalisation est un peu aléatoire) :
et avec Aurélien pendant 5-10 minutes :
Je suis ensuite déménagée de la salle d'accouchement vers la section d'obstétrique et une sage-femme fait son bain au bébé, observée par Aurélien au travers de la vitre, puis l'habille et l'enveloppe des vêtements et couvertures de l'hôpital. Eléa nous revient alors déjà bien moins frippée, avec le visage un peu détendu et la peau toute douce:
Puis Aurélien doit nous quitter pour la nuit, que je passe partie à dormir, partie réveillée car j'ai indiqué vouloir essayer l'allaitement et donc Eléa m'est amenée régulièrement (toutes les 3 heures) par les sage-femme pour le mettre en place. Mais comme c'est juste après mon accouchement, dès que chaque tétée est terminée, elle est ramenée à la nursery pour que je puisse récupérer des forces en dormant.
C'est d'ailleurs peu le cas, car il y a tellement de monde à l'étage, et notamment de bébés pleurant, que dormir est vraiment compliqué, d'autant plus que j'ai également la tête bien occupée à revivre mon accouchement des heures précédentes !
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