La veille en fin d'après-midi j'avais déjà accompagné Eléa voir les moutons, le poney, et des canards juste de l'autre côté de la haie par rapport à notre chalet, mais ce matin c'est le tour complet de la ferme : à 10h15 les propriétaires donnent à manger aux animaux, ce sera donc l'activité du matin !
En attendant que le tour commence, Eléa explore un peu les vieux bâtiments ; elle monterait bien à l'échelle ... :
On retourne aussi voir les moutons :
Puis la tournée du petit-dèj commence dans la basse-cour ; Eléa n'ose pas trop donner elle-même, mais elle est à fond néanmoins et reste toute proche de l'action :
Maéva également : dans mon dos, je la sens qui gigote et se penche pour mieux voir :
Le beau dindon :
Après la basse-cour et les lapins, la dame nous amène voir leurs deux bovins et leurs deux équidés :
Ensuite, elle disparaît ; il ne fallait être pressés, mais on a tout de même attendu pour qu'Eléa puisse assister au repas du cochon, énorme au pelage gris et noir ; on aurait presque dit un sanglier.
Quelques mots sur cette ferme de Brickendon où nous avons passé la nuit : c'est l'une des plus anciennes de Tasmanie, elle date du début des années 1830. Elle fait partie de l'héritage national de par son grand âge avec des grands bâtiments conservés à l'identique, mais aussi de par sa participation à l'histoire du travail des condamnés : c'est la "grande époque" des déportations de prisonniers d'Angleterre vers ces terres lontaines où ils sont soumis au travail forcé, sur des travaux publics (mines, constructions de routes, d'hôpitaux, etc.) mais aussi dans des entreprises privées comme notamment les fermes, dont Brickendon. En fonction de la taille des terres de la ferme, un certain nombre de condamnés lui étaient attribués. Les condamnés étaient logés sur place ; s'ils se comportaient mal, ils étaient déplacés à d'autres endroits plus encadrés ; en bas de l'échelle se trouvaient les mines. Le fait d'accorder des condamnés travaillant gratuitement (au logement, aux vêtements et à la nourriture près, ce qui reste très modique) à des entreprises privées a cessé vers 1860 (ils ont continué sur les chantiers publics et les mines d'Etat).
Après cette matinée très tranquille, nous prenons la route pour les environs 2 heures jusqu'à Swansea, qui marquera la fin de notre séjour à l'intérieur des terres et le début de celui sur la côte est de la Tasmanie.
Le trajet commence mal : après avoir emprunté la route principale, nous sommes soudain détournés sur des routes secondaires car la route principale est entièrement coupées sur 10km pour cause d'accident ! Cela nous prendra quasiment 45 minutes de détour : la densité de routes étant faible, le temps de rattraper la route principale à son prochain embranchement est relativement long - le fait que la déviation ne soit pas du tout marquée n'aide pas vraiment il faut dire : on ne sait jamais si une petite route partant sur le côté est une vraie route ou va finir dans les champs ...
Ceci dit, les deux filles dorment profondément, donc ce n'est pas un vrai problème, et le paysage est plutôt agréable :
Maéva se réveille et commence à exprimer sa faim - justement on arrive sur Campbell Town, dernière ville avant Swansea (65km plus loin quand même ...), et un joli terrain nous tend les bras pour notre pause pique-nique ; en plus d'une table de pique-nique, il y a tout ce qu'il faut : de l'herbe à explorer sous l'ombre protectrice d'un arbre :
des balançoires pour petits et grands :
et une jolie rivière avec quelques canards en bonus :
Après une bonne pause déjeuner, nous reprenons la voiture pour dépasser la chaîne de collines qui nous fera passer de l'intérieur à la côte.
Nous ne passerons que deux nuits à Swansea, l'une des raisons étant que tous les endroits qui me plaisaient pour louer une maisonnette étaient déjà complets. Je m'étais du coup rabattue sur mon 4ième ou 5ième choix, et j'avais un peu peur que ce ne soit pas terrible.
Lorsqu'on arrive sur place, effectivement l'endroit manque de charme : on dirait des préfabriqués, espacés de seulement 5 mètres les uns des autres - on est très loin de nos petits cottages au fin fond d'un domaine fermier ...
En revanche, dès les pieds passés par la porte, on est plus que rassurés : l'intérieur est moderne, agréable, tout est hyper propre, et le clou, c'est le salon + terrasse avec une vue est vraiment top :
C'est d'ailleurs ici qu'on aura tous le mieux dormi de tout le séjour - le bercement du bruit des vagues, qu'on entend de nos chambres, y étant sans doute pour quelque chose :-)
L'après-midi se passe à peu de choses : on descend à la plage au pied de notre balcon, et Eléa s'en donne à coeur joie, Maéva n'étant pas en reste (ce n'est pas souvent qu'elle est à la plage !) :
Maéva joue bien à malaxer le sable entre ses doigts. En revanche, au bout d'un moment elle se met à le mettre systématiquement en bouche ; au début je la laisse faire, me disant qu'elle va comprendre que ce n'est pas terrible, mais non : elle continue encore et encore !
Alors je la reprends avec moi pour la faire jouer dans le mini-jardin de notre bungalow avec quelques feuilles et brindilles, ça peut l'occuper des heures :-)
Eléa, elle, continue à s'amuser à mille choses avec Aurélien :
Et le clou, c'est qu'ils ont été cueillir des moules sur les rochers non loin !
Aurélien les a faites cuire avec les crevettes achetées le matin et trimbalées dans le coffre sur tout le trajet (et on a bien fait, car on s'est vite rendu compte que, bien que Swansea soit en bord de mer, ce n'est pas ici qu'on allait trouver du poisson à acheter ...).
Le lendemain, nous prenons la voiture pour faire le tour de la baie et nous retrouver au pied des monts que nous apercevions de notre balcon. Comme un énorme lagon pénètre loin dans les terres, c'est une heure qu'il faut pour arriver de l'autre côté, au Freycinet National Park.
Pour la première fois en Tasmanie, nous sommes surpris par la foule : le parking est grand, et déjà quasiment plein ! Il faut dire que l'endroit figure en numéro 1 des choses à voir en Tasmanie, donc tout le monde y passe, même ceux qui sont sur l'île pour à peine trois jours.
Le sentier menant au fameux point de vue monte doucement entre deux des monts de The Hazards ; Eléa marche plutôt bien : doucement, mais sûrement :
Le sentier est agréable, avec une végétation plutôt sèche :
Le premier point de vue donne sur Great Oyster Bay ; en regardant bien et avec une excellente vue, on doit pouvoir distinguer notre balcon ...
La pente s'accentue, avec des marches en grosses pierres qui, comme toujours, enthousiasment Eléa :
Elle a bien marché, alors elle a droit à une pause :
Mais, voyant que les marches reprennent, elle demande rapidement à descendre des épaules d'Aurélien :
La dernière série de marches ; au final, elle aura marché la très grande majorité de l'ascension :
Nous voilà arrivés au fameux point de vue, avec Wineglass Bay apparaissant à nos yeux :
Je dois dire que nous sommes sous-épatés : c'est ça qui est si connu et si vanté ? Il y a mieux à Hong-Kong (Long Ke Wan), et il y a plein d'endroits de Tasmanie qu'on a largement préférés !
Allez, cela vaut tout de même quelques photos souvenir :
Sans oublier Maéva, toujours ravie d'être en balade :
Le sentier poursuit pour descendre vers Wineglass Bay, mais au bout de 10 minutes de descente, par ailleurs sur un beau chemin, on décide d'abandonner : les moustiques sont trop nombreux et nous assaillent dès qu'on s'arrête ne serait-ce qu'une minute ...
On remonte donc vers le col, puis on redescend vers le parking, Eléa en partie sur les épaules (non qu'elle ne marche pas bien, mais on veut aller vite pour être redescendus avant que Maéva ne réclame son repas de midi, car tant qu'on sera sur le sentier on ne pourra s'arrêter pour cause de moustiques) :
On arrive à la voiture juste à temps, Maéva s'étant déjà mise à protester fort depuis plusieurs minutes, et on lui donne vite fait la moitié de son petit pot.
Puis on retourne en voiture, et on cherche un endroit où pique-niquer ; c'est à Coles Bay, à moins de 10km de Freycinet National Park, qu'on trouve une table à pique-nique en bord de baie ; on mange avec une jolie vue sur The Hazards :
Comme à l'habitude, le trajet de retour est propice au sommeil pour les deux miss.
Un peu avant d'arriver à Swansea, on emprunte une petite route pour aller déguster (en dessert !) quelques huîtres chez le producteur - la baie s'appelle Great Oyster Bay, on ne pouvait pas faire l'impasse !
Le lieu, au bout d'une longue route au milieu de nulle part (mais donnant sur le lagon), nous amène à un endroit très rétro :
On commande quelques huîtres, et Eléa se fait un plaisir de nous les citronner :
Quant à Maéva, elle s'occupe sans problème avec simplement la fausse pelouse :
Bilan de la dégustation : ce ne sont pas nos huître préférées ; elles ont un arrière-goût un peu trop amer - en revanche, c'est agréable de pouvoir profiter d'un produit très local, à défaut de poisson !
D'ailleurs, sur le chemin entre Freycinet et Swansea on est passés devant plusieurs producteurs locaux : principalement des vignobles, mais aussi un producteur d'huile d'olive, et une ferme de fraises - il doit y avoir moyen, dans la région, de manger des bons produits locaux, à condition néanmoins de se déplacer et de ne pas se contenter du pauvrissime supermarché de Swansea ...
La fin d'après-midi se passe, pour Maéva, à jouer dans la pelouse (toujours ces fascinantes feuilles, brindilles et autres objets de la nature), et pour Eléa, à s'amuser avec Aurélien à pleins d'activités sur la plage juste en bas de chez nous :
Autre moment simple et agréable : Eléa et Maéva, jouant ensemble :
Le soir, alors que je suis en train de prendre ma douche, Aurélien m'appelle et me dit de vite sortir ; ruisselante d'eau et de savon, avec vaguement une serviette, j'arrive dans le salon, et effectivement : le soleil était quasi couché, quand tout à coup, de presque nuit, le ciel s'est éclairé de mille feux !
Photos :
J'imagine que nous avons eu la chance d'assister à une aurore australe !
Et si ce n'est cela, que serait-ce ?!
Partant de Swansea, nous longeons la côte vers le sud, notre dernière destination, où nous passerons les trois derniers jours de notre voyage, étant Port Arthur sur la Tasman Peninsula.
Quelques photos en route des jolis paysages :
Et du conducteur :
Les 1h15 de route jusqu'à l'entrée de la péninsule Tasman se passent fort bien, nos deux filles dormant à poings fermés. Le dernier quart d'heure est plus compliqué, Maéva criant sa faim.
Nous la faisons patienter néanmoins, notre but étant tout proche : Eaglehawk Neck, sa Tasman Arch et ses Devils Kitchen, noms donnés à divers points de vue sur de très belles falaises (falaises qui ont en partie fait la renommée de cette péninsule) :
Nous nous garons et nous dépêchons de pique-niquer, au grand soulagement de Maéva !
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