2015-04-04
2015-02 : Nouvelle- Zélande - Turangi
Le lendemain, c'est dans la forêt de Kaimanawa que nous nous rendons ; située à 15 minutes de Turangi, plusieurs sentiers de randonnée y sont possibles.
Problème pratique : le sentier que nous voulions faire est accessible seulement après une longueur inconnue mais conséquente de piste ; du coup, après avoir parcouru déjà plusieurs kilomètres sur des cailloux (dans ces cas-là on n'est jamais très rassurés, surtout avec une voiture de location), on opte pour une autre randonnée qui part de moins loin dans la forêt. On se gare sur le camping complètement paumé du lieu, et on entame la randonnée, 1 heure dans un sens et 1 heure dans l'autre sens.
La forêt est très belle, et à la différence de la veille où on croisait de temps à autres d'autres randonneurs, aujourd'hui le sentier est pour nous tous seuls : en 2 heures de marche on n'aura vu en tout et pour tout qu'une seule autre personne. Il faut dire que c'est un endroit moins connu que le Tongariro National Park, et qu'il s'agit d'un tramping track, incluant 4 traversées de ruisseaux à pied - pour le reste, le chemin est très bien tracé.
A l'aller, Eléa sur les épaules de son papa :
Evidemment aussi (mais uniquement sur des endroits bien larges et plats sans trop de racines ou de cailloux/pierres sur le sentier) on laisse Eléa marcher, s'arrêter, aller en arrière, ramasser des bouts de bois, etc.:
Le point de demi-tour : une large rivière, où Eléa s'en donne à coeur joie avec les mains dans l'eau (et tente de tromper notre vigilance pour y mettre aussi les jambes ...)
Le retour commence par une forte montée, pendant laquelle Eléa est insupportable - on finit par comprendre qu'elle a faim (pourtant il n'est pas très tard et la veille elle avait eu faim bien moins tôt), du coup : pause pique-nique en pleine forêt.
Puis retour relativement lent car Eléa ne veut pas être portée ; ici on marche devant elle en espérant qu'elle nous suive :
En général ça fonctionne, mais seulement quand elle trouve qu'on est trop loin, sinon elle nous regarde nous éloigner en continuant sereinement de jouer avec la terre, les cailloux, les feuilles, ses chaussures, et mille autres choses bien plus dignes de son intérêt :-)
Avant de repartir de la Kaimanawa Forest on passe par le pont suspendu "Pillars of Hercules", point de vue sur l'une des gorges par lesquelles passe la Tongariro River ; c'est impressionnant vu la hauteur à la laquelle on est, mais la gorge en elle-même n'est sans doute pas à son meilleur endroit :
Ayant terminé plus tôt que prévu (l'autre randonnée initialement au programme aurait été bien plus longue), on décide de faire une petite rando d'une heure, à 15 minutes de l'autre côté de Turangi.
On tourne deux-trois fois pour trouver l'entrée, mais pas moyen de trouver le point de départ de la rando - décidément, ce sera la journée des plans B !
L'avantage en Nouvelle-Zélande, c'est que les plans B sont souvent excellents eux aussi - et qu'avoir tourné en voiture pour trouver l'entrée a permis à Eléa de finir une bonne sieste bien méritée :-)
Du coup, on fait une autre balade non loin, bien plus courte, sensée nous donner des jolis points de vue sur le lac Taupo. Après une montée dans de la jolie végétation (mais héla la rando est trop courte pour que le bruit de la route plus bas s'estompe) :
on atteint effectivement une plateforme panoramique. Comme ce n'est à mes yeux pas le plus joli endroit pour voir le lac, voici du coup deux photos du lac, mais prises ailleurs :
- une aire de repos au bord du lac :
- sur la descente en revenant de Whakapapa :
Ce lac fait environ 20km sur 40km, et bien que cela ne soit plus visible aujourd'hui, c'est un lac de cratère - sa taille témoigne de sa provenance de l'une des explosions volcaniques les plus intenses que la Terre aie connues, et que j'avais évoquée dans le post précédent.
Il est encore tôt dans l'après-midi, alors on poursuit avec une balade à Turangi même, le long de la Tongariro River qui borde la petite ville. Bien qu'un peu trop ensoleillée à notre goût (surtout qu'Eléa a les joues rouges de la veille - ceci dit, on finit par conclure que ce n'est pas un coup de soleil mais une allergie à la crème solaire, déjà la deuxième crème solaire bébé qui a cet effet sur elle ...), les panoramas sont très beaux, à la fois de la rivière, du lac, et des collines environnantes.
La Tongariro River, haut lieu de pêche de la truite, avec la Kaimanawa Forest tout au fond à gauche et la ville de Turangi sur la berge droite de la rivière :
Berge gauche de la rivière : on se croirait presque en bord de désert tellement c'est jaune et sec :
Pause goûter sous des arbres au bord de la rivière, dont le débit est impressionnant :
Demi-tour, et jolies vues sur les falaises de ce côté de la rivière :
et sur le lac Taupo non loin :
De retour au motel, Aurélien se transforme en top-chef, et on laisse Eléa s'amuser autant que possible avec les nouveaux ustensiles qu'elle découvre dans cet appartement : grosse bassine en plastique, canapés, portes dont les poignées sont - ô joie - à sa hauteur, exploration du jardin commun, et pleins d'autres choses bien plus passionnantes que ses jouets qu'on a apportés avec nous (j'exagère, car elle joue beaucoup avec ses "flash cards" - il n'est pas impossible d'ailleurs qu'il en soit resté une ou deux sous les canapés à Turangi -, et elle apprécie le rituel du soir où avant de la coucher on lui lit un ou deux de ses livres).
Apprécions aussi son sens du paradoxe (ou son sens de la contradiction) : alors qu'on doit au moins 2-3 fois par jour se battre avec elle pour qu'elle garde son chapeau sur la tête, aussitôt rentrés elle s'empresse de mettre son maillot de bain sur la tête en guise de chapeau, et de ne plus l'enlever jusqu'au coucher !
Bien qu'on essaie de la laisser le plus libre possible, d'inévitables conflits surgissent (devoir rentrer manger alors qu'elle voulait encore rester dehors, ne pas jouer avec le vase en porcelaine, ne pas s'approcher de papa pendant qu'il est en train de faire frire des steaks, ...) où en quelques secondes elle passe de la plus heureuse du monde à la plus malheureuse du monde :
Petite nouveauté de ces dernières semaines : quand elle pleure, au lieu de juste pleurer, elle prend désormais des poses ou en rajoute pour montrer qu'elle a énormément de chagrin en mettant ses mains sur son visage, en faisant semblant de se mordre le poignet, en alternant les deux :
On n'a aucune idée d'où elle a bien pu apprendre ces postures, mais nous ça nous amuse beaucoup (donc c'est raté si le but est qu'on la prenne plus au sérieux) ^^ !
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