On s'endort sans trop de peine dans nos tentes, car bien que les sens soient à l'affût de tout bruit qui pourrait suggérer la présence d'un ours, la proximité des autres campeurs et le fait qu'on soit en plein milieu du camping aident à rationaliser la chose ...
Au milieu de la nuit, en revanche, il est bien plus difficile d'ignorer l'orage qui éclate, d'abord lointain puis de plus en proche jusqu'à être juste au-dessus de nous (éclair immédiatement suivi du tonnerre), et la pluie de tomber encore et encore. Sam et Saimoye viennent nous avertir qu'ils quittent leur tente pour aller dans l'abri-cuisine, et nous les rejoindrons 10 minutes plus tard lorsqu'il s'avèrera que notre tente, ayant bien résisté jusque là, finit par prendre l'eau ...
Pendant 1/2 heure, on laisse l'orage passer, et on contemple nos options : certains warriors suggèrent de partir tout de suite (il n'est que 4h !), d'autres de dormir dans l'abri cuisine (pas très reluisant), mais in fine comme la tente de Sam et Saimoye est étanche, ils retournent s'y coucher, quant à Alex, Aurélien et moi on va dormir dans la voiture, certes peu confortable, mais au moins au sec. Je vous épargne les efforts pour se faire une place au milieu des affaires mises n'importe comment à l'intérieur, et des innombrables bouteilles d'eau :( In fine je suis plutôt bien installée, couchée à l'arrière, mais c'est plus à l'étroit pour les deux hommes à l'avant : version avion en fait !
Il va sans dire que le lendemain matin on se réveille tôt, d'autant plus que dans la voiture un biiiiiip nous a réveillé en sursaut : batterie faible ! On allume illico le moteur, hors de question de risquer de devoir appeler un dépanneur et de rester en galère ici plus longtemps. Puis on s'indigne de ce qui a bien pu vider la batterie (les lampes étaient toutes éteintes, seule l'heure était restée allumée, ils sont pas capables de construire des voitures qui marchent bien ?), tout en louant le capteur qui nous a prévenu à temps.
Au petit matin, il ne pleut plus, on décide donc d'aller faire la balade du Canyon Johnston, juste à la sortie du camping. On est étonnés du nombre de touristes qui y sont déjà alors qu'il n'est pas encore 9h, mais bien sûr on reste très loin des foules parfois annoncées dans les guides.
La balade est absolument splendide, une des plus belles qu'on ait faites jusqu'à présent, le sentier serpentant entre les parois du canyon, la rivière au-dessous alternant entre grandes et petites cascades, mais toujours limpide et très bleue, les roches du canyon étant quant à elles tortueuses et magiques à souhait, le tout dans une forêt exactement telle qu'elle doit être.
Je vous laisse admirer sans plus de commentaires :
De retour au camping, on passe aux étapes moins sympas : plier les tentes complètement détrempées de la nuit et qui ont à peine eu le temps de sécher pendant la balade (1h30 aller-retour), et réussir à tout ranger dans le coffre.
Pliage de notre tente "2 minutes" :
Tout finit par rentrer dans le coffre, même le gros ours en peluche que Saimoye et Sam ont acheté dans l'auberge située à la fin de la balade du canyon, et devant lequel Aurélien s'était exclamé qu'ils n'allaient tout de même pas acheter un machin aussi gros qui ne rentrera pas dans le coffre ! Il s'avère qu'ils avaient prévu le coup et que cet objet de débat est rentré dans l'une de leurs valises, ouf, tout est bien qui finit bien :)
Puis c'est le départ ; au programme de la journée : le Icefields Highway (la route des glaciers), qui nous mènera en 230km jusqu'à Jasper, avec arrêts en chemin pour admirer les panoramas qui s'offriront à nous.
Du Johnston Canyon jusqu'au Lac Louise : belles forêts, majestueux pics rocheux
Au Lake Louise, on prend l'embranchement vers Jasper au nord, la route des glaciers, qui commence ainsi :
Peu de temps après, un attroupement de voitures arrêtées sur le côté de la route (les plus impolis s'arrêtent en plein milieu de la route et créent un bouchon), en cause : un ours qui mange les baies le long de la route ! Cela se réitérera d'ailleurs 10km plus loin. Globalement ils nous tournent le dos et nous ignorent superbement, donc c'est uniquement de dos que je l'ai en photo :
Deuxième arrêt : le Bow Lake, très beau, mais ciel qu'est-ce que le vent est réfrigérant par rapport au temps très agréable des autres jours :
Le vent glacial annule nos velléités de pique-nique (pourtant on avait fait tous les achats ce matin au lac Louise), mais heureusement un café/auberge/magasin de souvenirs au bord du Bow Lake nous accueille, et après avoir demandé la permission, accordée à condition qu'on consomme, c'est donc sur une belle table de bois en intérieur qu'on fait notre pique-nique. D'ailleurs, les soupes chaudes et thé chauds sont les bienvenus, et on rechigne peu à les prendre étant donné le bazar qu'on met avec nos affaires, il faut dire que Alex s'est mis en tête de se faire une petite salade de tomates avec huile et condiments, et que la confection des sandwichs laisse des miettes, des bouts de jambon et de fromage un peu partout (j'espère que cela ne découragera pas les hôtes à accepter les pique-niqueurs en intérieur après nous ...), que l'on nettoie bien entendu après la bataille.
On reprend la route, pour un arrêt suivant au Peyto Lake, où après 10 minutes de balade le panorama magnifique s'ouvre sur le lac, mais également sur toute la vallée :
Les photos sous-estiment beauté du lieu, en revanche montrent bien la forme de loup de ce lac.
Quelques photos en voiture de la très belle route des glaciers :
L'arrêt suivant est au Columbia Icefield (glacier Colombia), où altitude et glaciers oblige, la nature a fait place à un désert de roches ; le poids des glaciers l'hiver fait que seule la roche reste, et que les pentes sont très lisses :
Des inconscients escaladent le glacier, malgré les crevasses et les avertissements comme quoi chaque année 3-4 personnes y perdent la vie :
Nous on a certes traversé la corde qui délimite le chemin balisé pour s'approcher un peu, mais on reste sagement sur la roche.
Photos souvenirs :
Au retour on aperçoit le long du chemin des panneaux, qui indiquent où s'arrêtait le glacier en 2000, en 1990, en 1980, et la perte de terrain du glacier est impressionnante hélas.
Dernier arrêt touristique avant Jasper (on aurait pu en faire d'autres, mais il a fallu choisir) : les cascades de Athabasca, impressionnantes de débit :
Peu à peu l'eau a creusé un canyon aux formes incroyables, et chaque jour qui passe continue à creuser et à allonger le canyon :
Photo souvenir devant tant de nature :
Allez, encore deux photos, du canyon (avec les ponts hautement moches au fond, mais qui ne parviennent pas à gâcher entièrement le site, bien qu'ils aient vraiment essayé) et du débit incessant :
On suit ensuite le très beau chemin qui descend :
Et on arrive ici, à endroit soudain très calme, reposant, bien loin de l'agitation et du rugissement des cascades et du canyon, pourtant à seulement 50 mètres de là ; l'endroit est vraiment paisible, un petit bout de paradis (mieux en vrai qu'en photo) :
(ci-dessus, on voit l'orifice du canyon où débouche l'eau de la rivière jaillissante, mais qui s'apaise brusquement)
Derniers kilomètres jusqu'à Jasper, avec juste avant l'arrivée un cerf qui traverse tranquillement, certain que le monde le laisse passer en paix (ce qui est heureusement le cas) :
Puis c'est la recherche d'un hôtel, ou plus précisément de la quadrature du cercle, les critères n'étant "que" : calme, prix raisonnable, maison charmante, tapis en fourrure et mobilier de bois, typique et authentique, avec une terrasse et un rocking-chair donnant sur une belle vue, par exemple celle-là :
J'exagère un peu mais à peine ; in fine tous les coins ayant l'air authentiques sont complets, donc on atterrit dans un motel très propre mais qui a l'avantage (pour ceux qui ont un maillot de bain, c'est à dire tous sauf moi) d'avoir un jacuzzi ! Ceci dit, cela me permet de prendre une bonne longue douche et de prendre un shampoing tranquillement :)
Puis on va en ville pour chercher un restaurant, et patatras le restaurant qui avait l'air sympa (en termes de déco en tous cas) est fermé pour soirée privée. On se rabat sur un restaurant/bar à vin plus loin qui fait également l'unanimité et même l'enthousiasme de tous, et c'est une soirée fort sympa qu'on s'offre à nous, le vin est bon, le gâteau au chocolat sans farine est entré dans les mémoires, ...
Juste un petit moment de flottement lorsque, après avoir parlé au moins 5 minutes de travail au noir et prononcé au moins 20 fois le mot "travail au black", on se rend compte qu'un homme noir est attablé au comptoir et pourrait croire qu'on est en train de parler de lui ... les aléas des mots sensibles dans une langue qui ne le sont pas dans une autre (on peut penser au fameux exemple d'un japonais qui entendrait "tchin tchin" lorsque des français trinquent et qui penserait qu'on parle de "zizi" ...)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire