2011-09-02

2011-05 Philippines

Golden Week : une période dorée pour les vacances, puisqu'en prenant très peu de jours on se retrouve vite avec deux semaines de congé :)

Hélas, every cloud has a silver lining : du coup, les prix au Japon et au départ du Japon flambent, tout est réservé très à l'avance, et tous les sites touristiques japonais sont envahis.

Nous y étant pris très tard à cause du 11 mars (on était censé réserver le WE du 12), mon premier choix de destination, Okinawa, n'est plus vraiment disponible. Du coup, après des recherches éclairs, on se décide pour les Philippines.
Pour une fois, on va faire une destination plage et cocotiers, avec pour but de se changer les idées après les dernières 6 semaines chaotiques, de se reposer, et surtout de ne pas faire grand chose :) Aucune visite spécifique de prévue, aucun guide touristique d'acheté, on y va totalement déconnectés et sans aucun programme ! (ça me change pas mal, d'habitude je prépare beaucoup les voyages...)
On se rend à Cebu, le nom d'une des multiples îles des Philippines, et le nom de sa ville principale, deuxième ville des Philippines et destination facile d'accès grâce à son aéroport international.

Après un vol direct de 4h30, on débarque dans l'aéroport international, très petit et en 15 minutes on a passé l'immigration et la douane et on est sorti. Là, une myriade de panneaux avec des noms de gens et d'hôtels, mais très soft : on ne cherche pas à nous alpaguer. On trouve le panneau de notre hôtel, et là étonnement : ils attendent Minamoto, mais pas nous ! Heureusement, on tient tous dans la voiture, donc tout se passe bien au final, mais je suis un peu agacée qu'ils nous aient zappé... Le fait qu'ils nous rajoutent avec les Minamoto sera acté après au moins 15 minutes ou 30 minutes de négociations au téléphone entre le chauffeur et l'hôtel, dont on ne comprendra vraiment pas l'objet, puisque de toutes façons il y avait de la place dans la voiture... mystère.
Après 2h30 de trajet, et 5 minutes en bateau, nous voilà sur la petite île où se trouve l'hôtel, avec pour nous accueillir un collier de fleurs, un excellent cocktail pour nous rafraîchir, et la surprise qu'ils nous upgradent dans une villa de meilleur niveau. Du coup, ainsi bien arrivés, on oublie l'arrivée chaotique pour nous plonger dans nos vacances avec délices.

Vue de notre balcon, avec la brume (l'humidité est relativement forte) :

Cebu est une île dans le centre de l'archipel des Philippines, et est plutôt développée par rapport au reste du pays. La côte Est est assez industrialisée, et de plus, s'y trouvent énormément de grands hôtels et resorts.
A notre habitude, on évite cette partie de l'île, et on a choisi un hôtel au vert, en fait un ensemble de villas dispersées à la pointe d'une petite île.
De fait, la côte ouest est beaucoup moins développée ; pas de grande ville, pas d'industrie, mais beaucoup de champs et de maisons dispersées de ci de là, parfois regroupées en villages.
La côte Est, que l'on a traversée sur plus de 50 km, était une espèce de grande fiesta géante : fêtes de village, avec sono à son de musique disco ou techno, stands de nourriture et boisson, jeux, paris,... Elles se succèdent, dans chaque centre de ville.
Il s'avère que c'est ce qu'ils appellent "Fiesta", la fête du village, le jour du saint patron de la commune. Visiblement, c'est le même saint patron pour toutes ces communes.
En passant on voit pleins d'églises, souvent avec un toit mais sans murs, car comme à Bali, la température varie assez peu sur l'année, et les murs sont relativement optionnels.

Le premier jour, on adopte notre rythme de vacance : on ne fait quasiment rien de la journée.
Dans l'après-midi, tout de même, on décide d'aller se promener dans l'île. Visiblement, ce ne doit pas être souvent le cas, car la porte de l'hôtel menant vers l'île est cadenassée, et on doit aller chercher quelqu'un à l'accueil pour qu'il nous ouvre.

On passe d'un coup dans un autre monde : les maisons y sont très sommaires, parfois de bois, parfois de tôle, parfois en aglo, et une ou deux font modernes (peut-être l'école ou un hall de vie de village). Je suis marquée par la différence apparente et visible de niveau de vie. Se pose également la question de l'électricité et de l'eau courante : il n'est pas sûr que tous soient reliés aux réseaux de distribution. Cela fait un peu un choc, car dans nos pays les pauvres ne vont pas en vacances, vivent dans des petits appartements et peuvent moins acheter de choses (ou moins chères), mais ils ont tous un logement avec eau, électricité, téléphone, internet, etc.
De plus, je suis très étonnée de voir toutes ces habitations sont un peu dispersées dans la nature : il n'y a pas vraiment de route, à peine un chemin central, les maisons ne sont pas délimitées par des barrières ; l'effet fait presque cabanes dans les bois, certes des grandes cabanes, mais dispersées dans la nature, sans structure de passage délimitée. Le chemin que l'on parcourt nous donne parfois l'impression de passer dans le "jardin" ou le champ des habitants. Le résultat est que cela fait beaucoup plus communauté que nos quartiers de maisons individuelles.

On constate également qu'ils pratiquent beaucoup la culture sur brûlis :

L'hôtel donne sur une petite baie tournée vers l'île de Cebu, mais de l'autre côté de l'île on a une vue sur la mer intérieure et la grande île mitoyenne à Cebu : Negros. On voit bien que les Philippines est un ensemble cohérent d'îles assez rapprochées.

La baie de Badian est bordée par des petites mangroves ; c'est la première fois que j'en vois. A marée haute, les arbres sont dans l'eau, et à marée basse on voit leurs racines très longues.

Vue sur la côte ouest de Cebu, avec sa crête très dentelée. On voit de loin les feux dans les champs :

Le lendemain, après un peu de kayak le matin, on part en excursion vers la cascade la plus connue de toute l'île. Sur les 15km de route, on voit les champs, souvent sur brûlis, les animaux de trait, les petites mobilettes et mini-bus (avec ouvertures sur les côtés et à l'arrière), les villages, les églises, les magasins, les chantiers (très manuels et très peu mécanisés, les normes de sécurité sont très loin de passer le label européen...).

Joli village au bord de l'eau :

Champ de sorte de bambou ou arbre servant à la construction des maisons, avec maisons sur le haut de la butte :

Le dernier 1.5km vers la cascade est à pied, le long d'une rivière (qui découle de la cascade) magnifique, à l'eau d'un bleu incroyable.

Un panneau à l'entrée du chemin nous étonne beaucoup : ceci est une zone sans armes à feu ! Ce qui semble signifier qu'ailleurs ils sont autorisés...

Une petite centrale hydraulique :

Le beau sentier :

A priori les combats de cocq sont très appréciés, et certains cocqs de combat peuvent valoir très cher. On passe devant plusieurs d'entre eux :

La cascade est magnifique, est l'eau est d'un bleu encore plus bleu que sur les cartes postales ! L'eau est à bonne température (en fait à température ambiante), et on s'y baigne.
A côté de la cascade, des boutiques procurent des gilets de sauvetage, et beaucoup de philippins en portent ; savoir nager serait-il moins commun que par chez nous ? (On se souvient de notre conducteur à Bali qui ne savait pas nager.)

Après nous être bien baignés, raisonablement proche des cascades, on continue le sentier, qui conduit vers d'autres cascades, encore plus belles :

(notez la statue de la vierge dans la roche)


Cet endroit est vraiment paradisiaque. A priori, les jours de grand soleil des cars entiers de touristes viennent des resorts de l'autre côte, soit 5h aller-retour pour y venir ! Comme le temps est un peu nuageux, il y avait très peu de monde, ce qui était sans doute préférable :)

Après s'être encore bien reposés le troisième jour, le quatrième on part en excursion en bateau pour aller faire du snorkeling en trois endroits différents. Le snorkeling, c'est la plongée en masque - tuba - palmes.

On nous a prévenu qu'il y avait des méduses, mais qu'elles ne sont pas dangereuses ; une piqûre gratte un peu, mais part rapidement.

Village de pêcheurs de l'île :

J'ai découvert ici ce que veut vraiment dire "village de pêcheurs" : maisons au ras de l'eau, multitude de petits bateaux (une grande partie avec un petit moteur, mais beaucoup seulement à rame), et peu d'activité en dehors de la pêche, ce qui fait que l'on a vraiment l'impression que la pêche est la principale activité.

Le bateau s'arrête, et du bateau on descend directement dans l'eau, on met nos masques, tubas et palmes, et c'est parti. On en a immédiatement plein les yeux ! La barrière de corail est magnifique, et on la voit très bien, car elle est seulement 3 mètres sous nous ! On est scotchés par la beauté et la diversité des coraux. Je fatigue assez vite, car c'est des mouvements que je n'ai pas l'habitude de faire et respirer par la bouche et non par le nez me perturbe pas mal :)

Le deuxième endroit est une jolie plage, et l'eau y est d'un bleu turquoise.
On remet notre attirail, et partant de la plage, on nage, et au bout de 20 mètres on arrive au-dessus d'une splendide barrière de corail ; on y voit pleins de poissons colorés (bleu intense, jaune fluo, ...), les formes des coraux sont très variées, les couleurs sont multiples, vraiment on découvre quelque chose que l'on n'oubliera pas !

Le troisième endroit, que l'on atteint un peu secoués car il y a beaucoup de vent, est une minuscule île entre Cebu et Negros, où se trouvent pleins de petits bateaux de pêcheurs et un bateau d'une vingtaine de plongeurs (équipés avec combinaison et bouteilles). Ici, le courant est plus fort, donc je vais rester sur le bateau car je suis un peu fatiguée, mais Aurélien va suivre le guide et encore apprécier pleinement les belles barrières de corail, et verra même une énorme tortue !

Les pêcheurs vont vraiment très vite dans leurs bateaux à rames, c'est impressionnant ! Surtout en comparaison à notre allure en kayak : il n'y a pas photo...

La fin de journée se passe en repos, et le lendemain on repart pour Tokyo et notre vie urbaine, si différente de la proximité à la nature que l'on a vécue pendant quelques jours. Mais vie tokyoïte ô combien agréable...

On a apprécié notre séjour (même si l'hôtel abusait un chuya sur les prix des excursions et des repas). Ce que l'on retiendra surtout :

- découvrir la plongée et les barrières de corail ; on ne s'attendait pas à ce que ce soit si simple, si splendide, ni si proche des côtes (en repartant en avion, la belle vue de haut montre que toutes les îles des Philippines sont entourées de corail, c'est très beau)

- notre après-midi à la cascade dans un magnifique décor

- les fruits exotiques tellement bons, surtout les mangues et les ananas, les meilleurs que j'aie jamais mangés !

Voir les villages ramène également fortement à la disparité des niveaux de vie entre pays riches et pays en développement, surtout que l'île de Cebu est plutôt favorisée par rapport à d'autres endroits aux Philippines. On prend vraiment conscience de notre statut de privilégiés.

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