2012-07-28
2012-06 Ouest Américain : J9 - Kings Canyon
En ce beau matin, pas de petit-déjeuner américain gargantuesque, car il n'y a aucun endroit qui offre cela à l'horizon, voire même rien du tout à l'horizon. C'est donc suite à seulement quelques barres de céréales et célèbres Oreo qu'on se met en route, a priori pour une courte durée puisque le Kings Canyon n'est plus très loin.
Une fois Fresno dépassé, la route passe au milieu des vergers californiens : oranges, peut-être olives, et d'autres choses pas toujours identifiées, car ici ce ne sont pas des vergers comme chez nous : rendement rendement ! Les arbres sont collés les uns aux autres, ils ont tous la même taille et la même forme, ils sont tous alignés comme des militaires, et comme pour les vignes à Napa Valley, le sol sous eux est totalement nu. Du coup, c'est un peu triste : bien que ce soient des vergers, cela ne fait absolument pas naturel, c'est vraiment trop industriel.
Puis on arrive dans une ville de taille assez grande (c'est toujours difficile d'estimer la taille des villes américaines puisqu'elles sont toujours très étendues et très basses - sauf les mégapoles bien sûr), où on s'arrête dans un endroit typiquement américain : au beau milieu de la ville, une sorte de zone commerciale, avec donc des énormes parkings (civilisation de la voiture oblige). Certes c'est pratique, mais c'est vraiment pas charmant, et cela fait un peu dépassé.
Mais le Starbucks nous accueille tous sur sa terrasse (avec vue sur le parking), et après petit-déjeuner la chasse au motel commence : comme on va entrer dans un parc national touristique, il vaut mieux qu'on trouve un logement avant, pour pouvoir passer le reste de la journée tranquille. Hélas, c'est plus vite dit que fait, car tous les numéros appelés dans les trois guides touristiques qu'on a sont fully booked. Finalement, on décide de continuer en espérant qu'entre cette petite ville et l'entrée du parc il y ait un motel sur le bord de la route.
Néanmoins, après 5 minutes de voiture, la route ne correspond plus du tout à ce qu'on a sur la carte, et après quelques moments de réflexion et le gps-google-map sur le téléphone de Pierre, on rebrousse chemin sur presque 10 kilomètres : en fait cette petite ville n'était pas sur notre chemin, mais on avait raté un tournant, qui il faut dire était très mal indiqué. Sur les 7 jours de notre road trip, cela a été le seul moment où on a vraiment hésité sur le chemin et qu'on a dû faire appel au gps : pas mal comme performance étant donné que nos cartes étaient soit très larges avec seulement les routes principales, soit des impressions agrandies des cartes dans le lonely planet !
Une fois revenus sur la bonne route, le but est de s'arrêter à tout motel qui pointerait le bout de son nez. Hélas, les miles passent ... Un motel apparaît à un tournant, mais on roule trop vite pour s'arrêter et tourner, et on continue jusqu'au visitor center, qui hélas est fermé et ne nous aide donc pas des masses.
Conseil de guerre : il est déjà midi, on n'a toujours pas de motel et la journée avance. Au final, les deux voitures se séparent : une retourne 5km en arrière pour aller voir le motel qu'on vient de dépasser, l'autre continue pour aller jusqu'au visitor center du parc national, finir les courses (on n'a trouvé aucun rayon frais dans la ville précédente, donc on a force pain de mie, biscuits, chips, etc., mais aucune tomate, jambon, etc.), et se renseigner sur les randos qu'on peut faire.
Je suis dans la seconde voiture, et peu de temps après qu'on se soit remis en route, un motel apparaît au tournant (ils apparaissent toujours après un tournant, comme quoi les routes aux US ne sont pas toujours toute droites), et il y a suffisamment d'espace pour ralentir et tourner. Hélas, on a beau sonner, frapper, crier, personne ne répond, mais après plusieurs essais infructueux on arrive finalement à voir la gérante du motel (Gena), qui a honnêtement la tête dans la purée : elle vient de se réveiller ! Elle nous montre les chambres (aux lits les plus hauts et grands qu'on ait jamais vus), on est ok, on paie, on prévient l'autre voiture, qui, patratas, vient également de payer pour l'autre motel ! Comme l'endroit est assez isolé, les communications ne passent pas très bien, et cela faisait déjà pas mal de temps qu'ils nous avaient prévenus par sms.
On annule le paiement, la patronne est pas contente (on l'a réveillée pour rien), mais pour être sympa on lui promet de revenir dîner le soir chez elle, car en plus du motel elle fait restaurant, bar et karaoke !
Le motel, qui va devenir fameux :
L'autre voiture nous rejoint, puis c'est le coeur léger qu'on peut enfin commencer notre journée de tourisme dans Kings Canyon. Encore 1/2h de voiture avant d'arriver à l'entrée du parc où Vincent achète une carte des randonnées dans le parc, puis encore 1 heure de voiture pour rejoindre le canyon, mais avec des vues impressionnantes :
Les paysages sont vraiment beaux, mais comme il est déjà tard et qu'on veut faire une rando de 4h, on décide de ne plus s'arrêter pour des pauses photos ; on les fera au retour.
Une fois garés au creux de Kings Canyon, on mange nos sandwichs au pain et des biscuits et c'est partis !
La rando se faufile entre les parois de Kings Canyon, et notre but est Mist Falls (traduction approximative rendant non le sens exact mais l'idée : cascade nuageuse). Comme à Yosemite, la rando est quasi plate, et c'est un aller-retour 2h-2h.
Et comme à Yosemite, la rando est de toute beauté :
Keuhboum !
Arrivée à la cascade (attention à la perspective : en fait, la cascade est grande) :
Vue du haut de la cascade (les gens sont tout petits en bas, et mon appareil a du mal avec les différences de luminosité entre la cascade à l'ombre et les monts au soleil) :
Les sentiers de randonnée sillonnent tout Kings Canyon, Sequoia Park, Yosemite et toute la Sierra Nevada, et comme la seule route qui traverse est celle que l'on prise hier entre Mono Lake et Yosemite Valley, c'est des centaines de km de nature immaculée qui peuvent se parcourir à pied et à pied uniquement, à condition d'être équipé de sa tente et de n'avoir pas peur des ours.
Bref, c'est un véritable paradis pour les randonneurs, qui peuvent ne pas croiser de route pendant plusieurs semaines.
En ce qui nous concerne, on aura juste percé 2h de nature totale, et c'est ici qu'on fait demi-tour :
Pierre : on dirait presque un tableau de Magritte :
Aurélien se fait faire un shampoing par Spil dans une vasque naturelle proche de la cascade où l'eau tourbillonne, comme chez le coiffeur :
Retour par presque le même chemin :
Encore une plage (mini), avec des vacanciers posés là : incroyable (bon, là on n'est plus qu'à 5 minutes de la route et des parkings) :
Dernière ligne droite qui clôture cette magnifique marche :
Le soleil se couche rapidement dans ces montagnes, mais on prend le temps de s'arrêter quelques fois sur la route du retour pour des photos tentant misérablement de rendre compte de la grandiosité des lieux :
(Solenne l'oeil de lynx a repéré un ours qui se déplaçait dans ces parois rocheuses)
On continue de s'élever du Canyon et on retrouve le soleil pour quelques temps :
Dernière étape de la journée (avant la soirée) : on peut in extremis avant la nuit visiter un petit sentier de balade créé autour de séquoias géants à l'entrée du parc.
Pour donner une idée de la taille de ces arbres, comparez avec les voitures et Fabien :
On se sent vraiment tout petits :
Et ici, c'est la largeur du tronc qui est hallucinante par rapport à nous autres pauvres humains :
L'arbre le plus impressionnant du coin, vraiment plus grand et large que ses congénères, et très esthétique :
A titre de référence car la photo peut être trompeuse : ses branches basses (déjà très hautes) font 2 mètres de circonférence !
Deuxième tableau de Magritte de la journée :
La nuit est tombée, on remonte dans les voitures pour la 1/2h de trajet jusqu'au motel de Gena où on va dîner, mais en chemin on ne peut pas ne pas s'arrêter pour admirer la vue du soleil couchant sur la côte ouest de Californie :
Mes photos de la journée s'arrêtent là, mais la soirée à Gena's Place fut mémorable : après un dîner excellentissime (steak pour Vincent et moi, burger pour tous les autres, mais qu'est-ce que c'était bon), ce fut une soirée hilarante de karaoke ou Gena et sa compère, toutes deux de fortes femmes américaines promptes à rire, boire et chanter, nous ont fait découvrir des chansons américaines complètement décalées (celle qui restera est sans conteste "I'd be stroking"), le tout avec une maestria impressionnante : déjà Gena nous a marqués quand elle a chanté, mais quand ce fut son amie, on était juste ébahis devant son talent.
Spil a chanté Toxic version spilienne, un grand moment, Fabien et Spil ont chanté Rihanna à leur propre sauce, Aurélien a chanté Nothing Else Matters pour moi et a masteurisé Jimmy Hendrix parce que c'est lui, Vincent et Pierre n'ont pas été en reste, moi si car je ne sais pas chanter (pour compenser j'ai fait un petit rock avec Aurélien - ça faisait super longtemps), Alice a été volontarisée mais l'a fait de bonne grâce, quant à Fabien et Solenne, on sent qu'ils vont s'entraîner à Tours ou dans leur prochaine ville pour nous épater la prochaine fois !
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